Accueil

Dossiers

Panneaux photovoltaïques : autoconsommation ou revente, que choisir ?

Panneaux photovoltaïques : autoconsommation ou revente, que choisir ?

La question a longtemps structuré tous les projets solaires. Elle ne se pose plus : depuis juin 2026, la prime à l’autoconsommation est supprimée et les installations de 9 kWc ou moins ne peuvent plus vendre en totalité. Reste un seul levier, et il est décisif — la part de votre production que vous consommez vous-même.

6 septembre 2026

Panneaux photovoltaïques posés sur la toiture en tuiles d'une maison

Le principe : que faire du courant produit ?

Des panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité quand il fait jour. Vous, vous en consommez surtout le matin et le soir. Ces deux courbes ne se superposent jamais parfaitement, et toute la question tient là : que devient le courant produit pendant que personne n’est à la maison ?

Deux réponses ont longtemps coexisté. L’autoconsommation : vous utilisez votre production en direct, et ce qui n’est pas consommé part sur le réseau. La vente en totalité : tout est injecté et vendu, vous continuez d’acheter votre électricité comme avant.

Pour un particulier, ce choix n’existe plus. La réglementation l’a tranché à sa place.

À retenir — l’arrêté du 1er juin 2026 a supprimé la prime à l’autoconsommation pour toute demande de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026. Dans le même mouvement, les installations de 9 kWc ou moins ne peuvent plus vendre en totalité : elles doivent fonctionner en autoconsommation avec revente du surplus. Les dossiers validés avant cette date conservent leurs conditions pendant vingt ans.

Ce qui reste possible aujourd’hui

L’autoconsommation avec revente du surplus

C’est désormais le seul schéma ouvert à une installation domestique. Votre production alimente d’abord vos appareils. L’excédent est injecté sur le réseau et racheté dans le cadre d’un contrat de vingt ans.

Le tarif de rachat du surplus est fixé à 1,1 centime d’euro par kilowattheure, revalorisé de 2 % par an et figé à la date de votre demande de raccordement.

La vente en totalité

Elle reste accessible au-delà de 9 kWc, c’est-à-dire pour des toitures agricoles, tertiaires ou de grandes surfaces. Pour une maison individuelle équipée de six à neuf kilowatts-crête, cette porte est fermée.

Vous n’avez donc plus d’arbitrage à faire sur le schéma. Il vous reste un levier, et c’est le seul qui compte : la part de votre production que vous consommez vous-même.

Le trajet du courant, étape par étape

  1. Production. Les cellules transforment le rayonnement en courant continu, proportionnellement à l’ensoleillement reçu.
  2. Conversion. L’onduleur transforme ce courant continu en courant alternatif, compatible avec vos appareils et le réseau.
  3. Consommation directe. Le courant part en priorité vers ce qui fonctionne à cet instant. C’est ici que se joue toute la valeur de l’installation.
  4. Injection du surplus. Ce que vous n’utilisez pas repart sur le réseau, comptabilisé par un compteur dédié.
  5. Soutirage. La nuit et les jours sombres, vous achetez votre électricité normalement. Les panneaux ne changent rien à ce poste.

Le tarif de rachat, et ce qu’il ne dit pas

Un chiffre suffit à comprendre la stratégie à adopter. Vous revendez votre surplus autour de 1,1 centime le kilowattheure. Vous rachetez votre électricité autour de 25 centimes.

Autrement dit, un kilowattheure consommé chez vous vaut plus de vingt fois un kilowattheure revendu. Le surplus n’est plus une source de revenus, c’est un résidu. La rentabilité d’une installation ne se lit donc plus dans le contrat de rachat, mais dans les factures d’électricité que vous n’aurez pas à payer.

Ce basculement invalide une grande partie des simulations que vous trouverez en ligne. Toute étude de rentabilité antérieure à juin 2026 intègre une prime qui n’existe plus et un tarif de rachat sans rapport avec l’actuel. Demandez systématiquement la date des hypothèses.

Un point positif est passé plus discrètement : la TVA est abaissée à 5,5 % depuis octobre 2025 pour les installations de 9 kWc ou moins, sous conditions. Sur un projet de 15 000 €, l’économie approche 675 €.

Ce qui fait varier votre taux d’autoconsommation

  • Votre présence en journée. Un foyer avec télétravail ou une personne à la maison consomme au moment où les panneaux produisent. Un couple absent de 8 h à 19 h injecte l’essentiel de sa production.
  • Le pilotage des gros postes. Chauffe-eau, lave-linge, lave-vaisselle, recharge de voiture : déplacer ces consommations en milieu de journée est le levier le plus efficace, et il est gratuit.
  • Le dimensionnement. Surdimensionner produit un surplus vendu à 1,1 centime. Mieux vaut une installation calée sur votre consommation diurne qu’une toiture entièrement couverte.
  • L’orientation. Plein sud maximise le total produit ; est-ouest étale la production sur la matinée et la soirée, ce qui colle mieux aux usages domestiques. Depuis la réforme, le second choix est souvent le plus rentable.
  • Le ballon d’eau chaude. Piloter un chauffe-eau sur la production solaire revient à stocker de l’énergie sous forme d’eau chaude, pour bien moins cher qu’une batterie.
  • Les batteries. Elles augmentent le taux d’autoconsommation, mais leur coût reste élevé au regard de l’économie obtenue. À examiner au cas par cas, sans a priori.

Ce qui a changé, en un tableau

ÉlémentAvant le 5 juin 2026Depuis
Prime à l’autoconsommation80 €/kWc, soit 720 € pour 9 kWcSupprimée
Vente en totalité (≤ 9 kWc)PossibleFermée
Tarif de rachat du surplusPlus élevé, par tranches1,1 c€/kWh, unifié
Durée du contrat20 ans20 ans, +2 %/an
TVA (≤ 9 kWc)20 % puis 5,5 % depuis oct. 20255,5 % sous conditions
Dossiers antérieurs—Conditions d’origine conservées 20 ans

À vérifier avant de signer

  • La date des hypothèses de rentabilité figurant sur le devis. Si la simulation mentionne une prime à l’autoconsommation, elle est périmée et le calcul est faux.
  • Votre profil de consommation, relevé heure par heure sur votre compteur communicant. C’est la seule donnée qui permette un dimensionnement honnête.
  • L’état de la toiture. Des panneaux posés pour vingt-cinq ans sur une couverture qui en a dix devant elle imposeront une dépose complète.
  • La date de dépôt de la demande de raccordement, puisque c’est elle qui fige votre tarif pour vingt ans.
  • Les conditions d’accès à la TVA réduite, qui ne s’applique pas automatiquement.
  • La garantie de l’onduleur, pièce la plus susceptible d’être remplacée avant les panneaux eux-mêmes.

Ce que le photovoltaïque ne fait pas

Il ne vous rend pas autonome : sans batterie, la nuit, vous êtes intégralement sur le réseau. Il ne chauffe pas votre logement, sauf à alimenter un équipement électrique qui, lui, chauffe. Et il ne compense pas une isolation défaillante — produire son électricité pour la dissiper par le toit reste une mauvaise affaire.

Depuis juin 2026, il ne constitue pas non plus un placement. Le modèle où l’on revendait sa production à bon prix appartient au passé. Ce qui reste, et qui n’est pas rien, c’est une façon de payer moins cher l’électricité que vous consommez en journée — à condition de consommer en journée.