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Combien coûte une pompe à chaleur en 2026 ?

Combien coûte une pompe à chaleur en 2026 ?

Une pompe à chaleur ne se paie pas au prix de l’appareil : entre 4 500 € pour une air-air et 25 000 € pour une géothermique, c’est l’installation qui fait le prix. Et l’aide ne se calcule pas sur ce que vous payez, mais sur un plafond et sur vos revenus.

8 septembre 2026

Unité extérieure de pompe à chaleur le long du mur d'une maison individuelle

Ce que vous achetez n’est pas une machine

On imagine le prix d’une pompe à chaleur comme celui d’un appareil. C’est l’erreur de départ : vous achetez une installation, raccordée à ce qui existe déjà chez vous, dimensionnée pour votre logement. C’est la différence entre le prix d’un four et celui d’une cuisine installée — l’un se lit sur une étiquette, l’autre dépend de la pièce dans laquelle il entre.

D’où des fourchettes larges, qui le resteront. Deux maisons voisines équipées du même appareil n’ont pas le même devis.

À retenir — l’aide ne se calcule pas sur ce que vous payez, mais sur un plafond fixé à l’avance et sur votre tranche de revenus. Un devis à 20 000 € et un devis à 12 000 € ouvrent droit au même montant. Tout ce que vous négociez au-delà du plafond est donc gagné intégralement.

Trois technologies, trois budgets

Les repères qui suivent viennent du ministère de l’Économie, qui les tient d’Engie et d’EDF. Ce sont des ordres de grandeur de vendeurs : ils situent un devis, ils ne le remplacent pas.

Air-air : environ 4 500 €

La moins chère, et de loin. Elle souffle de l’air chaud et remplace des radiateurs électriques, sans toucher à un circuit d’eau. En contrepartie, c’est la seule des trois à n’ouvrir droit à aucune aide MaPrimeRénov’ en geste isolé. Elle reste éligible aux certificats d’économies d’énergie, et bénéficie de la TVA à 5,5 % depuis l’arrêté du 13 juillet 2026.

Air-eau : de 7 500 € à 16 000 €

Le cas le plus fréquent en maison : elle prend la place de la chaudière et alimente les radiateurs ou le plancher chauffant existants. L’écart du simple au double tient à la puissance, à la qualité du matériel et à l’état du circuit sur lequel elle se branche.

Géothermique : jusqu’à 25 000 €

Elle puise la chaleur dans le sol, ce qui suppose de forer ou de terrasser : le chantier pèse ici autant que la machine. C’est aussi la mieux aidée — sans que cela suffise, on va le voir.

L’ADEME donne un autre repère : 65 à 90 € par mètre carré chauffé, pose comprise, soit 6 500 à 9 000 € pour 100 m². C’est le seul organisme public à publier ce ratio.

Comment se calcule ce que vous paierez

Le calcul suit toujours le même ordre, et aucune étape ne se saute :

  1. Le devis, librement fixé par l’entreprise.
  2. Le plafond de dépense éligible : la part du devis que l’État accepte de prendre en compte — 12 000 € TTC en air-eau, 18 000 € en géothermique. Au-delà, tout est à votre charge.
  3. Votre tranche de revenus, qui fixe le montant forfaitaire de MaPrimeRénov’ indépendamment du prix payé.
  4. Les certificats d’économies d’énergie, versés par les fournisseurs d’énergie et cumulables avec MaPrimeRénov’.
  5. L’écrêtement : le cumul est plafonné à 90 % de la dépense éligible pour les revenus très modestes, 75 % pour les modestes, 60 % pour les intermédiaires.
Tranche de revenusAir-eauGéothermique
Très modestes5 000 €11 000 €
Modestes4 000 €9 000 €
Intermédiaires3 000 €6 000 €
Supérieursaucune aideaucune aide
Plafond de dépense éligible12 000 €18 000 €

La tranche dépend de votre revenu fiscal de référence, de la taille du foyer et de la région — et le seuil d’exclusion arrive plus vite qu’on ne le croit. Hors Île-de-France, une personne seule n’a plus droit à rien au-delà de 31 185 €, un couple au-delà de 45 842 € ; en Île-de-France, 40 851 € et 60 051 €. Ce revenu fiscal de référence n’est pas votre salaire : il figure sur votre avis d’imposition.

Un point de procédure décide de tout le reste : la demande se dépose avant le démarrage des travaux. Un chantier commencé est un chantier non aidé.

Le montant de l’aide ne mesure pas votre reste à charge

C’est le chiffre qu’on retient, et celui qui trompe le plus. Prenons la géothermie : un ménage très modeste touche 11 000 € sur un plafond de 18 000 €, soit 61 %. Mais l’installation peut atteindre 25 000 €, et les 7 000 € situés au-dessus du plafond ne sont pas aidés du tout. Il reste 14 000 € à payer : le taux affiché dit 61 %, la réalité dit 44 %.

En air-eau l’écart est moins violent, les prix dépassant moins souvent le plafond : 5 000 € sur 12 000 € font 42 %, et un devis à 16 000 € laisse 11 000 € à votre charge. À l’échelle du pays, l’observatoire du ministère constate que les dossiers MaPrimeRénov’ portent en moyenne sur 12 000 € de travaux pris en charge à 30 %, tous gestes confondus. C’est ce chiffre-là, et non le taux maximal, qui décrit la réalité.

Ce qui fait varier la facture d’un chantier à l’autre

  • Ce que le logement possède déjà — avec un circuit d’eau en bon état, une air-eau se pose sans travaux annexes. Sinon il faut le créer, et la pose coûte alors plus cher que la machine.
  • La puissance installée — elle découle de vos besoins, donc de votre isolation. Isoler avant de chauffer permet souvent d’acheter plus petit.
  • La nature du terrain, en géothermie : forer ou terrasser ne coûte pas la même chose selon le sol et l’accès.
  • Votre tranche de revenus — pour un devis identique, l’écart d’aide atteint 5 000 € en air-eau et 11 000 € en géothermie.
  • L’agrément du matériel — depuis le 1er septembre 2026, une bonification multiplie par cinq le forfait de base des certificats d’économies d’énergie, si le modèle est agréé. Deux appareils comparables laissent alors deux restes à charge très différents.
  • Le taux de TVA — 5,5 % en rénovation énergétique. Sur un chantier à 15 000 €, l’écart avec le taux normal dépasse 2 000 €.

Quelle solution pour quel budget

Votre situationSolutionCe que ça suppose
Budget serré, chauffage électrique, pas de circuit d’eauAir-airEnviron 4 500 €, mais aucune aide MaPrimeRénov’ : les CEE et la TVA à 5,5 % seuls
Radiateurs à eau, revenus modestes ou très modestesAir-eauLe cas le mieux servi : jusqu’à 5 000 € sur un devis souvent inférieur au plafond
Radiateurs à eau, revenus supérieursAir-eauAucune aide MaPrimeRénov’ : le calcul se fait sur les CEE, l’éco-PTZ et la TVA réduite
Terrain disponible, projet de long terme, revenus modestesGéothermiqueL’aide la plus élevée, mais un reste à charge supérieur à celui d’une air-eau
Logement mal isoléIsoler d’abordUne machine dimensionnée sur des besoins réduits coûte moins cher à l’achat

À vérifier avant de signer

  • La demande d’aide est-elle déposée avant tout démarrage de travaux ?
  • Le devis détaille-t-il le matériel ligne par ligne : marque, référence, puissance ?
  • Le numéro d’agrément de l’appareil y figure-t-il ? Il est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 et conditionne la bonification des CEE.
  • La TVA appliquée est-elle bien de 5,5 % ?
  • Le devis dépasse-t-il le plafond éligible ? Au-delà, chaque euro négocié vous revient entièrement.
  • Votre tranche a-t-elle été vérifiée sur votre avis d’imposition, et non estimée d’après votre salaire ?

Ce qu’un prix d’achat ne vous dira pas

Il ne dit rien de ce que la machine coûtera ensuite : ni votre consommation réelle, qui dépend de l’isolation et de la température de votre circuit, ni l’entretien, ni la durée de vie de l’appareil. Et ces fourchettes ne sont pas des devis : elles servent à repérer une proposition aberrante, pas à prédire la vôtre.

Enfin, tous les montants cités sont ceux de 2026. Les barèmes changent au 1er janvier, souvent à la baisse et sans période de transition : si votre projet passe l’hiver, il changera de règles en chemin.