Ce que change l’arrêté du 19 août
Un arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août, abaisse de 1,9 à 1,7 le facteur qui convertit l’électricité consommée en énergie primaire dans le calcul du diagnostic de performance énergétique. Il entre en vigueur le 1er janvier 2027 et abroge le texte d’août 2025, qui avait fait passer ce même coefficient de 2,3 à 1,9.
Ce facteur ne concerne que l’électricité. La conséquence est arithmétique : à consommation réelle inchangée, la consommation en énergie primaire d’un logement tout électrique baisse d’environ 10 %. Un logement dont seul le chauffage est électrique baissera moins, puisque seule la part électrique est recalculée.
À retenir — votre étiquette peut s’améliorer au 1er janvier sans qu’aucun travail n’ait été fait. C’est la règle de calcul qui change, pas le logement. Le ministère estime à 300 000 le nombre de logements qui sortiront ainsi du statut de passoire énergétique.
Une attestation gratuite, et elle fait foi
Les diagnostics déjà réalisés ne sont pas recalculés d’office, et ils restent valables jusqu’à leur terme. Mais un DPE en cours de validité peut recevoir une attestation portant la nouvelle étiquette, qui remplace l’étiquette initiale sans remettre en cause les données d’entrée ni les travaux recommandés.
Elle est générée exclusivement par l’ADEME, sur le site de l’Observatoire du DPE et de l’audit énergétique, et téléchargeable par toute personne. Le ministère précise qu’elle « fera alors foi pour justifier d’un nouvel état de performance énergétique ». Le même mécanisme existe pour les audits énergétiques, dont l’attestation pourra servir dans un dossier d’aide à la rénovation. Elle expire avec le diagnostic dont elle est issue.
Ce que le ministère reconnaît lui-même
Le projet a été soumis à consultation publique du 9 juillet au 6 août 2026. Sur 108 contributions, 78 étaient défavorables et 29 favorables. La valeur de 1,7 a été maintenue.
Et la synthèse publiée par le ministère écrit ceci : « Cette évolution conduira effectivement à la sortie d’un certain nombre de logements du statut de passoires énergétiques (estimé à 300 000 logements), sans modification physique réelle des bâtiments ni réduction immédiate de leurs consommations. »
Les critiques relevées portaient sur l’absence de justification de la valeur retenue (26 contributions), sur le caractère « artificiel » d’une correction qui sort des logements de la rénovation obligatoire sans travaux (16), et sur le risque d’une perte de crédibilité du DPE (20). Les avis favorables y voyaient la fin d’une pénalisation de l’électricité décarbonée, et dix-neuf d’entre eux demandaient d’aller plus loin encore.
Ce que ça change pour un projet en cours
Si vous louez un logement chauffé à l’électricité classé F ou G, regardez votre étiquette début janvier : elle peut changer seule, et avec elle le calendrier qui vous interdit de louer. Si vous vendez, l’attestation vous évite de refaire un diagnostic pour en tenir compte.
Mais rien dans votre logement n’aura bougé. Les déperditions, la facture et le confort seront les mêmes le 2 janvier que le 31 décembre. Un logement qui sort des passoires par le calcul reste un logement à isoler, et les travaux à faire restent exactement les mêmes.
Un second arrêté entre en vigueur le même jour, celui du 11 juin 2026 : il ajoute au DPE la production d’énergie renouvelable sur site, la durée de vie restante du chauffage et l’aptitude de l’installation à fonctionner à basse température, et crée une mention « A0 » pour les bâtiments à émissions nulles. Il ne touche ni à l’échelle des classes, ni au calcul.
Sources
